C’est bien la fin des aventures de César qui aura fait son petit effet. La Planète des Singes – Suprématie offrait probablement le meilleur blockbuster de l’été  impressionnant visuellement et d’une émotion rare.

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Un spectacle à plusieurs niveaux

Avec ce troisième épisode du reboot de la saga, initié en 2011, c’est la guerre qui semblait être au centre des péripéties. Pourtant, Matt Reeves (encore là après le second opus) l’aborde avec toujours autant de subtilité, loin de respecter les cadres habituels du blockbuster. Car Suprématie, se construit davantage comme un voyage. Celui de César et de ses plus fidèles soldats, à la recherche de leur peuple, après qu’un colonel/gourou ait décidé de les réduire en esclavage.

On savait déjà depuis le précédent film, que la partie technique serait au rendez-vous. Mais avec Suprématie, le visuel dépasse toutes les attentes. Il y a bien sûr un côté spectaculaire des scènes d’actions, particulièrement cette première séquence qui cale le spectateur aux côtés des soldats humains, pris en tenaille par une horde de singes. Mais c’est dans ses moments les plus délicats, où apparaît la possibilité d’observer les émotions des personnages, que le film impressionne réellement. Difficile de voir le faux derrière une performance capture bluffante. Notons également le choix de filmer majoritairement en décors extérieurs, donnant ainsi au film une pureté visuelle, et un nouvel exemple de la volonté du film de ne pas être un blockbuster comme les autres.

L’émotion au rendez-vous

En effet, à la manière de Logan, Suprématie a une approche assez singulière. Touchant au film de guerre (celui de l’époque classique hollywoodienne), tout en frôlant différents genres et en offrant de nombreuses références cinématographiques. Il y a, en effet, un côté western qui imprègne l’atmosphère du film, et des évocations plus ou moins direct à Apocalypse Now ou La Grande évasion. Mais c’est surtout dans la construction de ses personnages, et dans le contrôle de l’empathie que Matt Reeves et Mark Bomback (scénariste) se détachent des productions habituelles.

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Des plus sincère dans son approche globale, La Planète des Singes – Suprématie est une bouffée d’air frais au milieu d’un panel de production devenue trop codifiées et peu audacieuses, préférant envoyer des effets numériques à outrance plutôt que de revenir à l’essentiel et le plus simple : raconter une histoire et des personnages. Ce que fait parfaitement Suprématie ici. Le film offrant suffisamment de profondeur à son héros, ainsi qu’aux personnages secondaires, et en touchant à des thématiques universelles (la famille notamment), les traits bestiaux s’effacent rapidement, pouvant alors laisser place aux sentiments humains. Le paroxysme étant atteint dans les derniers instants du film. Une conclusion parfaite et émouvante autour de son héros, le désormais légendaire César.

Ci-dessous la bande-annonce de La Planète des singes – Suprématie.